Témoignage

Les Gaffettes en WE nivologie dans le Haut Giffre

Le 27/03/2019 par GAF 73-74

Les Gaffettes promo 3 sont sortis en WE Nivologie afin de mieux comprendre le manteau neigeux et d'apprendre à adapter leur itinéraire en fonction des conditions, voici leur compte rendu !

Le rendez vous est donné à La Cendrée à Morzine. 8h30 tapante, toute la troupe est là pour démarrer ce weekend bien intense. Au programme, cartographie (ou carto pour les intimes), nivologie (ou nivo pour les intimes), risques 3x3, PACS FB, sans oublier les noisettes et tant d’autres joyeuseries.

On attaque dans le vif du sujet dès les 5 premières minutes, Julia nous a imprimé le BERA (le bulletin d’estimation du risque d’avalanches) et nous l’épluchons tel le journal du dimanche matin à la recherche des passages les plus croustillants. Risque de coulées même sur de simples talus, températures élevées, risque de départ spontané par réchauffement, le ski s’annonce dément ! Puis avec ces éléments en tête nous prenons la décision de ne pas nous aventurer dans et près des pentes de plus de 30 degrés.

Réglettes de mesures de pentes en main, nous scrutons la carte à la recherche de l’itinéraire idéal. Par où peut on passer pour rejoindre le refuge de Bostan en respectant ces conditions ? Heureusement que Laura est là pour nous pousser un peu et suggérer de ne pas prendre l’itinéraire le plus simple ! Laura c’est une gafette de la promotion précédente. Elle permet de poursuivre le lien de cet esprit GAF. Si Julia est un peu la madré qui nous pousse et prend les responsabilités, Laura est un peu la grande sœur qui nous cocoonne et nous rassure !

 

 

«Si Julia est un peu la madré qui prend les responsabilités, Laura est un peu la grande sœur... »

Nous chaussons donc les skis à l’Erigné (entre devant et derrière !) et c’est parti pour la montée. À tour de rôle chacune prend le rôle de Leader, c’est à dire faire la trace et prendre les décisions pour le groupe. Nous commençons par slalomer dans la forêt, au rythme des discussions et rires, sans oublier de jeter un œil régulièrement sur la carte. Eh oui, on est pas là QUE pour s’amuser.

Les difficultés arrivent vite, des pentes un peu plus raides en face de nous. Comment fait-on pour mesurer une pente une fois sur le terrain ? Bâtons en main on trace le fameux triangle isocèle (les cours de maths nous semblent bien loin!). Sur le terrain quelques coulées de ci de là mais rien de bien inquiétant. Pas de traces devant nous, personne aux alentours, l’objectif « faire sa trace » est bien rempli.

Nous avions prévu de passer par les chalets de Bon Morand, puis par la crête, avant de redescendre au col de la Golèze. Le plat de la crête sur la carte s’avère en réalité plus raide et le vent a fait son travail ; des corniches se sont formées. Panique à bord, on redescend ? Julia nous explique alors la peur des Rimayes qui est en train de nous saisir. Concrètement, quel est le risque de s’approcher plus pour bien analyser les éléments avant de prendre une décision ? N’est-ce pas l’appréhension de quelque chose que nous ne connaissons pas vraiment qui nous saisit ? Julie téméraire part en éclaireur avec Julia et analyse la situation de plus près. Deux passages semblent plus compliqués. En gardant de la distance entre nous, pour éviter de partir toutes en même temps dans la même coulée, le risque est cependant limité. Et les corniches, impressionnantes de loin ne s’avèrent en réalité que de petites bébés cornichettes, qui se font casser d’un petit coup de bâton de Julia. Et oui, elle veille à nous sécuriser le chemin !

 

«Et les corniches, impressionnantes de loin ne s’avèrent en réalité que de petites bébés cornichettes, qui se font casser d’un petit coup de bâton... »

 

Sur toute la crête, nous sommes prévenues, « ouvrez les yeux, notez tous les indices, traces d’avalanches, gueule de baleine, ... ». L’objectif étant de débriefer en fin de journée et d’analyser ces informations en détails.

Il n’y aurait rien à dire sur cette descente, si ce n’est cette excellente neige, plein sud, en pleine après-midi, telle la crème glacée qu’on aurait oublié au soleil !

Après un passage près d’un gouffre qui aurait presque pu se transformer en chute dans le gouffre (« On est où sur la carte ? » « Ah oui juste au dessus du gouffre ! »), nous arrivons au refuge, il est 17h, mais la journée n’est pas finie. Pendant que les autres groupes prennent l’apéro au soleil, nous prenons l’apéro au soleil. Ah non, pardon, nous débriefons autour de l’apéro au soleil !

La soirée est déjà bien entamée et il nous reste encore de multiples choses à évoquer. Quid du PACS FB... Nous essayons de recoller les indices relevés sur le chemin (activité avalancheuse et orientations de celles-ci, travail du vent, ...) aux paramètres à surveiller. P comme pente, A comme activité avalancheuse, C comme couche fragile enfouie, S comme surcharge, F comme fonte, B comme BERA. Etre systématique et nous poser régulièrement ces questions nous permettra d’assimiler et d’analyser plus facilement ces indices. Nous préparons alors la sortie du lendemain avec ces paramètres en tête. Pour complexifier les choses, et parce qu’on est là pour apprendre, nous ne monterons pas à la tête de Bostan par la voie normale, il est bien plus amusant de chercher son itinéraire et laisser des inconnus quand à la journée du lendemain. Quelques points chauds sont à relever et une prise de décision devra se faire à chacun d’eux de poursuivre ou non notre route.

Le lendemain matin, mise en route immédiate des neurones, nous débutons par une petite heure de nivologie ou comment ne pas tomber sur la noisette enfouie qui déclenchera l’avalanche. Les avalanches c’est comme pour le chocolat, ça casse plus facilement là où il y a des noisettes !

Le mauvais temps approche plus vite que prévu, mais les précipitations annoncées en fin d’après midi nous laisserons le temps d’en profiter. C’est reparti comme la veille, chacune guidant le groupe à tour de rôle. Le froid et le vent se font sentir, les pauses se font courtes. Nous traçons. Arrivées au col nous nous posons la question de continuer ou de faire

demi-tour. Le vent est intense, nous chahutant comme des quilles sur un terrain de boule... La crête qu’il nous faut remonter s’est fait pelée par le vent.

 

«Les avalanches c’est comme pour le chocolat, ça casse plus facilement là où il y a des noisettes ! »

 

Il est difficile de nous entendre, tant les bourrasques sifflent à nos oreilles.

C’est après s’être assurées que le sol n’est pas trop gelé, que nous la remontons en direction de la tête de Bostan. A notre droite la Suisse, à notre gauche la France. Nous dérangeons quelques chamois qui n’auront même pas la gentillesse d’attendre qu’on les prenne en photo ; tranquillement ils passent à nos côtés pour rejoindre plus loin un coin plus calme. « 9 nanas qui déboulent poussées par le vent, au sommet d’une crête et viennent nous interrompre pendant notre casse-croûte, on aura jamais vu ça ! », avaient ils l’air de dire !

 

«Le vent est intense, nous chahutant comme des quilles sur un terrain de boule... »

 

A l’image de la veille, jusqu’au sommet, nous n’aurons croisé aucune trace. Le lieu soi disant une classique des mauvais temps, réserve quelques itinéraires secrets qu’il fait bon de parcourir ! Nous ne trainons pas au sommet et après les centaines de mètres de descente sur de la tôle ondulée, nous profitons des 200 m de neige plus molle, un vrai régal !! Le niveau de vigilance est en mode détendu, aucun danger visible à l’horizon.

Drôle de caravane que la nôtre, nous nous suivons à la queue leu leu, poussons sur les bâtons et slalomons entre les fondeurs pour finir à la voiture.

Il est 15h30 mais le weekend n’est pas encore fini. Débriefing de la journée mais également du weekend, partage de son ressenti, et discussions sur les projets futurs nous attendent !

 






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